
Quand un quartier se voulant écologiquement vertueux chasse une activité censée limiter le gaspillage. A Pantin, le terrain aux abords de la station de RER sur lequel est implantée la Réserve des arts depuis 2014 a été vendu par la SNCF à l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (Efpip) en décembre 2020 pour construire l’écoquartier des Grands Quatre Chemins.
Le 30 juin, l’association artistique qui récupère, remet en état et revend à prix solidaires des décors de l’industrie culturelle devra quitter l’entrepôt de 3 000 mètres carrés qu’elle occupe.
Sur ce site, un écoquartier de 16 hectares devrait voir le jour à l’horizon 2035. Les premiers coups de pioche seront donnés dès le mois de septembre. « Nous sommes, potentiellement, à soixante-dix jours d’une cessation de l’activité du fait de ne pas avoir de local sur lequel réimplanter l’activité », se désole Charlène Dronne, dirigeante de la Réserve des arts. Reste à évacuer les 722 tonnes de matériaux (bois, cuivre, tissus, polystyrène…) que l’association a récupérées auprès de ses partenaires.
Foncier trop élevé
Le futur écoquartier devrait compter 1 500 logements (dont 33 % de sociaux), 100 000 mètres carrés de bureaux, des commerces, 6 hectares d’espace vert, des équipements publics et un lieu en mémoire des personnes déportées lors de la seconde guerre mondiale.
Questionné quant à la cohérence de délocaliser une activité sociale et solidaire pour créer un quartier « vert », le premier adjoint de Pantin, Mathieu Monot, nuance : « Je comprends leur inquiétude, mais on ne chasse pas la Réserve des arts. Nous travaillons avec eux à leur trouver un nouveau terrain. »
En vain pour le moment. L’association n’aurait-elle pas pu être intégrée dans le projet d’écoquartier ? Difficilement. Le prix du foncier dans ce secteur étant trop élevé pour leur modèle économique. Afin de trouver un nouveau lieu et préserver ses vingt-neuf emplois, la Réserve des arts a publié sur son site Internet une lettre ouverte, signée à ce jour par 1 009 personnes.
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